Bilan Saumur

Bilan Saumur

Bilan Saumur

Septembre 2020

En centre-ville, le bâtiment des Nouvelles Galeries, d’architecture remarquable, propriété historique du Groupe Duthoo, est vide, excepté une partie de son rez-de-chaussée. Le groupe Duthoo est un groupe familial tourangeau qui a développé depuis 5 générations de nombreuses galeries commerciales telles que le Grand Bazar de Tours. La mise aux normes et la rénovation du bâtiment engageraient des montants difficiles à porter par le groupe. Surtout, l’avenir du commerce et de l’activité en centre-ville est trop incertain pour supporter un nouveau projet.
Saumur est une sous-préfecture du Maine-et-Loire. Sa population est de 27 000 habitants, et connaît un déclin démographique depuis les années 1980. Ville de cavalerie située sur la Loire, connue pour ses vins et son château, son patrimoine lui impose des normes et des mesures de protection. L’intégralité du centre-ville est ainsi classée en secteur Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV). La Ville de Saumur s’est engagée en 2018 dans le programme Action Coeur de Ville avec la Communauté d’agglomération Saumur Val de Loire, l’État, la Caisse des Dépôts, le groupe Action Logement, l’Agence Nationale de l’Habitat, la Région des Pays de la Loire, le Département du Maine-et-Loire ainsi que le bailleur public local, Saumur Habitat.
Comme beaucoup de villes moyennes, Saumur est confrontée à une périurbanisation qui pèse sur les commerces du centre-ville, bien que la dynamique commerciale reste importante. D’après l’étude de l’Institut de la Ville et du Commerce réalisée pour la Preuve par 7 en 2019, le taux de vacance commerciale de la ville n’est en effet pas alarmant et apparaît même faible par rapport à d’autres villes moyennes semblables. Le bâtiment des galeries correspond à un idéal-type ancien du commerce : les galeries commerciales avec passage couvert si bien décrites par Zola dans le Bonheur des Dames. Si cette architecture commerciale est remarquable, la commercialité “en étage” n’est plus adaptée aux pratiques de consommation actuelles. Ce phénomène, loin d’être une exception saumuroise, est récurrent sur l’ensemble du territoire français.
À Saumur, une forte proportion de logements sociaux se trouve en centre-ville, dans des quartiers patrimoniaux parfois complexes à entretenir, tandis que les classes moyennes et supérieures ont préféré s’installer en périphérie. Saumur Habitat, premier bailleur social de la ville, a été amené à réhabiliter et intervenir à plusieurs reprises sur les quartiers du centre-ville. C’est Saumur Habitat qui a été appelé par la Ville pour suivre l’expérimentation menée par la Preuve par 7 sur les Galeries.
Comment valoriser au profit de tous ce qui appartient à un seul, et comment conjuguer valorisation financière et utilité commune ? Les galeries saumuroises constituent une richesse patrimoniale pour la ville et ses habitants qui étaient nombreux à les fréquenter. Leur disponibilité est une opportunité de redynamisation du centre-ville, dans le cadre du programme Action Coeur de Ville, afin de contenir la fuite des usagers, des commerçants et donc de l’animation, vers la périphérie. Bien que sa propriété soit privée, le projet des Galeries semble donc relever de l’intérêt général. A Saumur, le but de la Preuve par 7 était d’expérimenter un montage commun entre un acteur privé local et le secteur public, afin d’installer de nouveaux usages et de redonner valeur(s) à ce bâtiment. L’alliance du caractère public de Saumur Habitat avec la capacité historique du groupe Duthoo de se projeter à très long terme dans la préservation et la mise en valeur de son patrimoine, semblaient conférer un terreau fertile pour expérimenter de nouveaux montages et redynamiser ce lieu. Chacune des parties a dû commencer par diverses études afin de confirmer son intérêt, sa volonté d’intervenir, mais aussi les investissements à venir. On voit bien que les charges d’investissement grèvent trop les profits envisageables pour permettre au bâtiment de conserver une valeur d’échange. À deux échelles, celle de l’agglomération saumuroise et celle du bâtiment, la valeur d’échange est trop faible. Comment alors développer la valeur d’usage ?

 

Consultez l’intégralité du bilan de Saumur au format PDF : Bilan SAUMUR !

Bilan Saumur

Bilan Pérignat-Billom

Bilan Pérignat-Billom

Septembre 2020

L’histoire que l’on va vous raconter se passe dans deux charmants bourgs voisins, à la jonction de deux mondes, entre la plaine productiviste de la Limagne et les massifs reculés du Livradois-Forez, entre la métropole Clermont-Ferrand, son grand IKEA et ses galeries commerçantes, et l’arrière-pays rural et ses petites maisons en granit ou en pisé.
Pérignat-ès-Allier et Billom n’ont pas été choisies au hasard pour représenter l’échelle du bourg de la Preuve par 7 : comme bien d’autres en France elles doivent faire preuve d’imagination pour consolider la vitalité de leurs centre-bourgs en difficulté, avec leurs nombreuses maisons vacantes, leurs petits commerces fragiles, leurs espaces publics colonisés par la voiture. Leurs pires cauchemars ? La menace de l’étalement urbain et le risque de ressembler à des villages-dortoirs, de perdre leur histoire et leur identité.
Heureusement, ces deux bourgs sont peuplés par quelques irréductibles élus-locomotives, acteurs locaux, associatifs et habitants, qui ensemble questionnent le modèle dominant appliqué à leurs projets de territoire, et ne manquent pas d’idées pour sauvegarder leur patrimoine et créer des communs. Mais comme ailleurs, ils font aussi face à l’habitude et à la pression du conventionnel, à l’inertie des politiques locales, à des financements qui ne rentrent pas dans les bonnes cases, à des normes souvent trop rigides, à un modèle de valeurs qui a fait son temps. Le Conte à re-Bourg raconte la quête de cet équilibre qui se cherche.
À quelques pas de là, dans les montagnes de l’arrière-pays, un groupuscule non conformiste vient de poser ses valises attiré par le bon vivre qui y règne et par les maisons pas chères. Provenant de différents horizons, du design à la construction, ils se retrouvent autour de l’envie de combiner leurs forces et singularités, compétences et métiers, et créent leur association : Rural Combo. Simplement « au bon endroit, au bon moment », un alignement d’étoiles : ils rencontrent les locomotives de Pérignat et Billom, et le courant passe merveilleusement.
Une envie commence à poindre : reprendre en main cette histoire de mondes qui se rencontrent, et l’écrire à la première personne du pluriel.
• Comment décloisonner nos postures professionnelles, nos métiers, nos pratiques ?
• Comment nous adapter, réviser la commande ?
• Comment mettre en réseau, faire filière ?
• Comment faire preuve ?
• Comment faire avec, faire avec peu ?
• Comment faire consensus ?
• Comment faire du sur mesure ?
• Comment redistribuer les cartes du jeu des pouvoirs ?
• Comment raconter le milieu rural pour aider à le regarder autrement et changer les idées reçues ?
• Comment mobiliser ?
• Comment fabrique-t-on du commun ?
• Comment donner de la valeur à l’existant, aux délaissés et à ce qui est non-marchand ?

 

Consultez l’intégralité du bilan de Pérignat-Billom au format PDF : Bilan PERIGNAT-BILLOM !

Bilan Saumur

Bilan Orléans

Bilan Orléans

Septembre 2020

Dans la vallée ligérienne, Orléans, devenue métropole régionale, a amorcé sa mue urbaine avec d’importants travaux de mise en valeur de son centre ancien et de ses bords de Loire. La Métropole d’Orléans souhaite construire sur la commune limitrophe de Saint-Jean-de-la Ruelle, au Nord-Est du centre-ville, sur une ancienne friche militaire, un quartier d’une quarantaine d’hectares, à la fois durable et attentif aux usages, qui accueillera des logements, des activités, un parc urbain, un lieu de vie convivial… et modifiera l’image d’un quartier aujourd’hui perçu comme enclavé et déprécié.
En octobre 2018, la friche des Groues intègre officiellement la démarche nationale de La Preuve par 7. Le site du futur « éco‑quartier » fera l’objet d’une expérimentation visant à investir petit à petit le terrain et construire le quartier avec ceux qui sont là. En effet, un « éco‑quartier » digne de ce nom mérite des « éco‑citoyens » : celui des Groues fleurira s’il génère une envie des habitants, et notamment de la jeunesse, de contribuer à ce chantier.
La Preuve par 7 installe une permanence territoriale en octobre 2019 dans un pavillon en bordure du site, initialement voué à la démolition et mis à disposition par la Métropole.. C’est un premier lieu de vie qui s’ouvre dans le quartier, au coeur de la friche, pour cultiver aussi bien la terre que l’envie des citoyens et encourager une écologie du déjà-là. Repeint en rouge dès les premiers jours le pavillon devient un premier repère pour rassembler les associations locales, les habitants et les multiples acteurs du projet.
Désormais baptisé « la Maison Rouge », ce sera le lieu de tests par les usages, pour définir les contours d’un équipement collectif du futur quartier, un lieu de recherche-action, pour penser un éco‑quartier au-delà des critères techniques.                                                                                                                                          La Maison Rouge borde la friche et la pépinière plantée dès le début du projet. Des années avant le premier coup de pioche du projet, ces lieux deviennent des laboratoires de la construction dans le temps long d’un quartier du 21e siècle.
En même temps, à un niveau technique, La Preuve par 7, les villes et la métropole d’Orléans expérimentent comment la méthode de programmation ouverte peut s’intégrer à la procédure d’aménagement classique du quartier, la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC), afin que sa construction, qui durera plus de vingt ans, puisse s’enrichir au fur et à mesure, s’adapter aux usages et aux besoins à venir.
Avec l’arrivée de la permanente territoriale, Clémentine Riera, sur le site, la programmation ouverte s’alimente d’initiatives et d’actions de la part d’un public de toutes les générations. La rencontre entre passé, présent et futur génère l’envie de façonner les actions citoyennes de demain.                                                                      Nos ingrédients sont donc les voisins, les plantes et tout ce que nous trouverons sur notre chemin pour construire « avec ».
C’est la cueillette de ces trouvailles, ainsi que ce que nous offre la friche elle-même, par sa richesse végétale et animale existante, qui sont les composantes d’un chantier commun.

 

Consultez l’intégralité du bilan d’Orléans au format PDF : Bilan ORLEANS !

Bilan Saumur

Bilan Lunel

Bilan Lunel

Septembre 2020

L’origine de Lunel remonterait à l’an 888. Elle doit son développement et sa richesse à la renommée de son école de médecine juive au Moyen-Age. La qualité de ses clercs et de ses chercheurs vont jusqu’à l’aube du 14e siècle constituer un centre d’érudition important. En 1295, Lunel est rattachée à la couronne de France par Philippe le Bel et les Juifs en sont expulsés quelques années après, amorçant le déclin économique de la ville.
Périodes de prospérité et de conflits alternent ensuite. Lunel subira plusieurs sièges, entre autres pendant les guerres de religion, jusqu’à la paix d’Alais en 1632 où les fortifications de la ville seront démantelées. Presque rien ne subsiste aujourd’hui des constructions antérieures au XIXe siècle.
Située à l’extrémité Est de la Camargue, à équidistance de Montpellier et Nîmes, la vie lunelloise est empreinte des traditions locales, la tauromachie étant la plus marquante. Les plaines alluviales qui l’entourent sont propices à l’élevage des taureaux et des chevaux blancs manadiers, mais aussi aux cultures viticoles, maraîchères et arboricoles. Également proche de la côte méditerranéenne, à vingt minutes de La Grande-Motte, elle accueille chaque été son lot de vacanciers.
Sa gare, qui fait étape vers les plages, voit passer chaque année plus d’un million de voyageurs. La réfection de son parvis est apparue indispensable en 2019, suite à l’augmentation de son trafic. Elle a permis la mise au jour d’un bâtiment oublié du paysage de Lunel, son ancienne gare, soutenant les voies à une trentaine de mètres de l’actuel bâtiment voyageurs. Construite en 1850, elle est aujourd’hui désaffectée. L’édifice, qui a connu plusieurs vies telles que bâtiment voyageur, centre de formation ou logements, a perdu son usage en 2012.
Comme la majorité des bâtiments publics, loin d’être un objet isolé, limité à l’offre de services aux citoyens, celui-ci il participe à la structuration de son territoire et aux pratiques de ses habitants. Devant lui se déploie un espace collectif et fait office de repère commun et familier.
Gares, écoles, hôpitaux, édifices bancaires historiques, postes construisent les identités locales. Pourtant, sous l’effet de recompositions démographiques, économiques et territoriales, les bâtiments publics en jachère parsèment les communes françaises… Ces cas répétés, dont il fait parti, à l’instar des milliers de gares ferroviaires désaffectées, s’inscrivent dans un réseau d’aménités déjà existantes.
Comment redonner vie à ces infrastructures en déshérence ?
Un premier échantillon de permanence a été réalisé par la Preuve par 7 entre décembre 2019 et janvier 2020. Pilotée par Jacques Garnier, un jeune architecte, elle a permis de créer un premier lien avec les acteurs locaux à la fois publics et privés (SNCF, Communauté de communes, Ville, Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Direction Départementale des Territoires et de la Mer, Régie des territoires, Associations…) et d’impulser une dynamique commune.
Finalement concrétisée par une intervention de mise au propre et d’ouverture symbolique du bâtiment réalisée par la Régie Emploi Service du Pays de Lunel et soutenue par la Communauté de Communes, la pré-permanence se clôtura par la tenue d’une rencontre publique autour des locomotives du lien social, avec plusieurs intervenants spécialistes de la question. Elle permit de rendre compte des envies et besoins de chacun des acteurs autour de ce projet commun et d’initier une dynamique nouvelle pour le bâtiment.
Ce tissu de personnes et de compétences créé amorce l’occupation progressive de l’ancienne gare. Les premiers travaux, qui seront réalisés fin 2020 suite à l’étude de faisabilité réalisée par l’agence Palabres, combinée à une recherche de financements auprès des services déconcentrés de l’Etat, laissent présager une expérimentation sous la forme d’une permanence de douze mois afin d’y tester des usages.

 

Consultez l’intégralité du bilan de Lunel au format PDF : Bilan LUNEL !

Bilan Saumur

Bilan Goussainville

Bilan Goussainville

Septembre 2020

Europacity était un projet « daté et dépassé » qui ne « répondait plus aux aspirations de nos concitoyens » a proclamé le Président Emmanuel Macron le 7 novembre 2019. Ce méga complexe de loisirs et de commerces devait artificialiser plus de 80 hectares du triangle de Gonesse au coeur du Pays de France. Son abandon a permis de (re)lancer le débat sur l’urgence d’organiser la résilience alimentaire territoriale, allant de la fourche à la fourchette.
L’histoire ne se répètera donc pas. En effet, 50 ans plus tôt, la construction de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle avait fait disparaître 3000 hectares de la zone agricole du Pays de France. Quelques années ont suffi pour que le centre-bourg de Goussainville, à quelques pas de là, voie partir sept-cents de ses mille habitant.es. Aéroport de Paris entendait ainsi leur éviter les nuisances sonores de la nouvelle infrastructure. Pour hâter le départ des habitants, les maisons ont été rachetées au double de leur valeur. Faute de pouvoir les détruire – l’Église du village étant classée monument historique -, le nouveau propriétaire a choisi de murer les habitations. Bien connu des amateurs d’Urbex, ce village fantôme est devenu une curiosité. Parallèlement, de nombreuses initiatives ayant pour vocation de lui rendre son dynamisme s’y développent. Bien que tout proche du vieux village de Goussainville, le grand ensemble des « grandes bornes » est caractérisé par une toute autre réalité urbaine. Construit sur 48 hectares au même moment que l’aéroport, Il a pris l’appellation du lieu-dit qui existait déjà en 1787 dans un plan seigneurial de la commune de Goussainville. Aujourd’hui, plus de 6750 habitant.es y vivent. C’est au cœur de ce grand ensemble que se situe la cuisine municipale, désertée, en 2016, par l’entreprise de restauration collective Elior. Cette friche industrielle a représenté une opportunité pour l’association R.E.R, Réseau d’Échanges et de Restauration qui l’investit en août 2018 et la remet en état de fonctionnement trois mois plus tard. L’association redynamise le cœur du grand ensemble avec la remise en fonctionnement de la cuisine. L’objectif est de mettre cette cuisine au service de la production d’une offre d’alimentation saine, équilibrée et respectueuse de l’environnement. Cette alimentation durable est aussi le support d’une insertion professionnelle et d’une animation locale.
L’enjeu est de contribuer à faire reconnaître ce droit à l’alimentation durable en France comme c’est le cas dans le droit international depuis 1948. Cette reconnaissance est nécessaire pour que puisse se décliner des actions sur tous les territoires. La renaissance de cette cuisine fait converger ainsi l’ambition de l’association avec la nouvelle réalité du territoire. Grâce à la confiance de la ville de Goussainville et de l’agglomération Roissy Pays de France, l’association réinvente l’idée même des grands ensembles en faisant du grand, ensemble. GRAND car la cuisine municipale de 1000m2 permet de produire des milliers de plats par jour pour le territoire et d’accueillir de nombreux entrepreneurs. ENSEMBLE car la cuisine fédère de nombreux acteurs publics, privés et associatifs et elle s’inscrit dans une chaîne ambitieuse et vertueuse de l’alimentation locale.
Pour ce faire, l’association applique largement le principe des circuits-courts : sur l’alimentation (approvisionnement et distribution), sur l’emploi (chantiers d’insertion et formation), en faisant appel aux compétences des artisans locaux pour les travaux. Ce lieu a été construit et adapté collectivement, avec les les salarié. es, les usager.es et les bénévoles, grâce à une double permanence, territoriale et architecturale.
Titulaire d’une convention d’occupation temporaire tripartite signée avec la Ville de Goussainville et l’agglomération Roissy Pays de France jusqu’en décembre 2020, l’association R.E.R souhaite pérenniser cette occupation grâce à un bail emphytéotique et une structuration en coopérative pour faire de cette cuisine : un commun.

 

Consultez l’intégralité du bilan de Goussainville au format PDF : Bilan GOUSSAINVILLE !