Bilan Lunel

Septembre 2020

L’origine de Lunel remonterait à l’an 888. Elle doit son développement et sa richesse à la renommée de son école de médecine juive au Moyen-Age. La qualité de ses clercs et de ses chercheurs vont jusqu’à l’aube du 14e siècle constituer un centre d’érudition important. En 1295, Lunel est rattachée à la couronne de France par Philippe le Bel et les Juifs en sont expulsés quelques années après, amorçant le déclin économique de la ville.
Périodes de prospérité et de conflits alternent ensuite. Lunel subira plusieurs sièges, entre autres pendant les guerres de religion, jusqu’à la paix d’Alais en 1632 où les fortifications de la ville seront démantelées. Presque rien ne subsiste aujourd’hui des constructions antérieures au XIXe siècle.
Située à l’extrémité Est de la Camargue, à équidistance de Montpellier et Nîmes, la vie lunelloise est empreinte des traditions locales, la tauromachie étant la plus marquante. Les plaines alluviales qui l’entourent sont propices à l’élevage des taureaux et des chevaux blancs manadiers, mais aussi aux cultures viticoles, maraîchères et arboricoles. Également proche de la côte méditerranéenne, à vingt minutes de La Grande-Motte, elle accueille chaque été son lot de vacanciers.
Sa gare, qui fait étape vers les plages, voit passer chaque année plus d’un million de voyageurs. La réfection de son parvis est apparue indispensable en 2019, suite à l’augmentation de son trafic. Elle a permis la mise au jour d’un bâtiment oublié du paysage de Lunel, son ancienne gare, soutenant les voies à une trentaine de mètres de l’actuel bâtiment voyageurs. Construite en 1850, elle est aujourd’hui désaffectée. L’édifice, qui a connu plusieurs vies telles que bâtiment voyageur, centre de formation ou logements, a perdu son usage en 2012.
Comme la majorité des bâtiments publics, loin d’être un objet isolé, limité à l’offre de services aux citoyens, celui-ci il participe à la structuration de son territoire et aux pratiques de ses habitants. Devant lui se déploie un espace collectif et fait office de repère commun et familier.
Gares, écoles, hôpitaux, édifices bancaires historiques, postes construisent les identités locales. Pourtant, sous l’effet de recompositions démographiques, économiques et territoriales, les bâtiments publics en jachère parsèment les communes françaises… Ces cas répétés, dont il fait parti, à l’instar des milliers de gares ferroviaires désaffectées, s’inscrivent dans un réseau d’aménités déjà existantes.
Comment redonner vie à ces infrastructures en déshérence ?
Un premier échantillon de permanence a été réalisé par la Preuve par 7 entre décembre 2019 et janvier 2020. Pilotée par Jacques Garnier, un jeune architecte, elle a permis de créer un premier lien avec les acteurs locaux à la fois publics et privés (SNCF, Communauté de communes, Ville, Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Direction Départementale des Territoires et de la Mer, Régie des territoires, Associations…) et d’impulser une dynamique commune.
Finalement concrétisée par une intervention de mise au propre et d’ouverture symbolique du bâtiment réalisée par la Régie Emploi Service du Pays de Lunel et soutenue par la Communauté de Communes, la pré-permanence se clôtura par la tenue d’une rencontre publique autour des locomotives du lien social, avec plusieurs intervenants spécialistes de la question. Elle permit de rendre compte des envies et besoins de chacun des acteurs autour de ce projet commun et d’initier une dynamique nouvelle pour le bâtiment.
Ce tissu de personnes et de compétences créé amorce l’occupation progressive de l’ancienne gare. Les premiers travaux, qui seront réalisés fin 2020 suite à l’étude de faisabilité réalisée par l’agence Palabres, combinée à une recherche de financements auprès des services déconcentrés de l’Etat, laissent présager une expérimentation sous la forme d’une permanence de douze mois afin d’y tester des usages.

 

Consultez l’intégralité du bilan de Lunel au format PDF : Bilan LUNEL !