Entre travail du social et travail du commun

Entre travail du social et travail du commun

Entre travail du social et travail du commun – Pascal Nicolas-Le Strat

Août 2015

Dans son article « Entre travail du social et travail du commun », Pascal Nicolas-Le Strat nous parle de la notion de « travail du commun » et de son évolution en réaction à la trajectoire empruntée par le « travail du social ».

Le travail du commun aborde la thématique du commun sous l’angle d’un agir. Cette notion vient supplanter le travail social. Ce dernier a progressivement laissé sa place au travail du social qui renvoit à la capacité de la société à agir sur elle même et ne se cantonne plus à un champs spécifique.

Ce travail du social est le produit d’une forte volonté politique. Il est aujourd’hui un bio-pouvoir majeur de nos sociétés contemporaines. Le travail du social s’est progressivement spécialisé et technicisé, amenant une centration sur les utilités les plus immédiates au détriment de la part d’échange, de rencontre et de parole. Cette logique est liée à l’Etat Providence : « dès lors [que le travail du social] est exercé par une instance verticalisée et fortement fonctionnalisé, il restreint inévitablement sa richesse subjective. Le social devient objet d’administration. » Cet aspect s’accentue avec les logiques néo-libérales à l’œuvre : le travail du social se standardise et se parcellise. Aujourd’hui, il semble alarmant que le travail du social ait besoin d’être resocialisé et réinscrit dans les liens du réel.

Cette gestion du social est la continuité d’un social historique souvent idéalisé qui se trouve être un social étatique qui s’est constitué en opposition à un social autonome. « L’Etat social substitue une protection garantie par le droit à une protection assumée par la communauté d’appartenance ». En France, la question de la communauté est jugée rétrograde et préjudiciable à la liberté des personnes ce qui la disqualifie aux yeux du grand public.

Aujourd’hui, le travail du social est à repenser. Lier les différentes communautés avec une mutualisation des aides et des soutiens semblent être une voie enviable. Il convient de repolitiser les questions sociales et la solidarité en priorité. C’est dans ce cadre que le travail du commun permettrait de se mettre à distance de l’Etat et du marché en promouvant l’interrelation de communautés de solidarité multiscalaires. Le travail du commun peut formuler la question du social en traitant des contradictions induites par la transition postfordiste, en palliant au déficit d’imagination politique et en expérimentant de nouvelles formes institutionnelles.

Le travail du commun est le travail du care vont ensemble : « prendre soin et faire commun vont de pair ». Ces notions doivent devenir structurantes. Le travail du commun empêche une spécialisation excluante de certaines tâches pour une socialisation de celles ci. Il « garantit que les liens de solidarité et les formes d’attention à l’autre restent l’affaire de tous ». Le soin et l’attention doivent être pensés collectivement pour ne pas conduire à une division inégalitaire et hiérarchisante du travail.

 

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Entre travail du social et travail du commun

Habiter en construisant, construire en habitant

Habiter en construisant, construire en habitant – Edith Hallauer

2015

« Cet article interroge, au prisme des alterpolitiques urbaines, des démarches singulières voyant des architectes habiter sur le lieu même du projet urbain qu’ils ont en charge de réhabiliter. Ni tout à fait à l’initiative des municipalités, ni réellement issues d’une mobilisation sociétale, ces démarches se situent précisément dans l’interaction complexe entre refus de stratégies entrepreneuriales modélisées, soutien à des populations urbaines défavorisées, et ouverture des politiques urbaines à l’expérimentation. À l’opposé des médiatisées « résidences d’architectes », ces « architectes en résidence » transforment la figure démiurgique du concepteur en simple habitant de quartiers en rénovation. C’est principalement à travers l’étude de l’expérience de l’agence Construire à Boulogne-sur-Mer (2010-2013), concernant une rénovation en participation de soixante maisons de rue habitées, que l’auteur tente de relever les balises conceptuelles de ce que ces acteurs appellent la « permanence architecturale ». Après la contextualisation de cette démarche s’inscrivant à la fois dans l’histoire de la réhabilitation du logement en France et celle de la démocratisation culturelle, les sources, définitions et enjeux de cette notion sont étudiés à l’aune de démarches artistiques à l’histoire plus ancienne. Face à d’autres expériences comparables, l’enjeu d’une éventuelle institutionnalisation de ces pratiques émergentes est ensuite soulevé. Cependant, la fragilité de ces initiatives à très petites échelles témoigne de leur dépendance à l’égard des contextes et des acteurs ultralocaux, freinant leur normativité. »

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Notre Atelier Commun

Notre Atelier Commun

Brochure 2018

L’association Notre Atelier Commun a été créé en 1999 par Patrick Bouchain, constructeur et scénographe, pour répondre à une commande de la Mission mécénat et Action culturelle de la Caisse des Dépôts et Consignations : «La Forêt des Délaissés ». Depuis sa création, Notre Atelier Commun mène des projets liés au paysage, à l’architecture et à la ville, qui questionnent la dimension sociale, culturelle et environnementale de l’acte de construire. Autour d’une équipe d’architectes, d’élus, d’artistes, d’usagers, etc… L’atelier s’est fixé pour mission la recherche, la transmission et l’accompagnement de projets. Aujourd’hui, Notre Atelier Commun porte le projet de la Preuve par 7 avec Plateau Urbain et l’agence Palabres.

La brochure présente les projets développés par l’association entre 1999 et 2018.

Entre travail du social et travail du commun

Faire des pieds et des mains

Faire des pieds et des mains – Notre Atelier Commun

Décembre 2016

« Le site des anciens établissements BATA, ferme agricole, lieu de production industrielle et cité ouvrière, a progressivement perdu son activité industrielle, puis tertiaire. Les deux mille cinq cent personnes qui y étaient employées dans les années cinquante ont été licenciées par vagues successives jusqu’à ce que l’entreprise ferme définitivement ses portes en 2001. Véritable ville dans un paysage rural, le site doit désormais accomplir sa mue et trouver un nouveau souffle.

Dans l’attente d’un projet de reconversion, L’Université Foraine se donne un an pour explorer la cité Bata, et le territoire autour, pour regarder, rencontrer, écouter, pratiquer, pour récolter les avis, les envies, les projets, les douleurs comme les rêves, pour brasser les possibles et révéler les pistes.
Pendant cette année, une équipe s’installe en permanence, parce qu’il faut habiter pour comprendre, parce qu’il faut travailler ici pour partager, pour trouver la cohérence ensemble, et que faire hospitalité peut aussi faire surgir l’impensé.

Programmer activement, c’est mettre en avant l’agir, le faire, la mise en chantier dans la recherche d’un projet. c’est connecter, croiser et puis expérimenter ensemble sur le terrain, avec tout volontaire, qu’il soit habitant, école, institution ou association, pour débusquer les bonnes idées dans l’action, mettre à l’épreuve et faire démonstration.
Quatre grands moments de rencontre, et des actions au quotidien, nés des rencontres successives, des passions de chacun et des envies locales, dessineront ainsi les possibles à venir. »

Retrouvez la narration sur la mission de Notre Atelier Commun à Bataville ICI !

Entre travail du social et travail du commun

Le manifeste de l’Université foraine

Manifeste de l’Université Foraine – Notre Atelier Commun

Novembre 2012

«L‘Université Foraine naît de la volonté de créer les conditions d’une rénovation urbaine d’initiative populaire, de conception démocratique et de production joyeuse. Elle naît de la volonté de rénover la démocratie par le faire, en nous mettant obstinément au travail d’agir à échelle humaine sur l’espace commun. Elle naît de la volonté de rénover la démocratie par la fête, en nous mettant ardemment au travail de trouver des réponses à la banale souffrance urbaine, au malaise quotidien de vivre ici, à la détresse continue et contenue de ne pouvoir imaginer une autre manière d’habiter là. Ici et maintenant, nous voulons mobiliser des personnes partageant un espace et un temps pour les transformer. Ici et maintenant, nous voulons saisir des problématiques urbaines d’intérêt général et les arracher au désintérêt généralisé dont elles semblent prisonnières. Ici et maintenant, nous voulons nous donner les moyens d’expérimenter par les actes, en contredisant les habitudes, en contrariant les rigidités réglementaires, en contrevenant à la sèche rationalité de bon aloi. Tout contre la ville, nous voulons la contrefaire avec et pour ceux qui l’habitent. Médiatrice entre corps et décors urbains, stimulatrice de projets et facilitatrice de leur réalisation, l’Université Foraine se veut ainsi laboratoire d’architecture située tout autant que laboratoire de démocratie appliquée. Ce faisant, elle veut rendre à la cité sa qualité de chantier infini.»

Retrouvez le manifeste en entier à ce lien !