Des espaces autres, Hétérotopies

Des espaces autres, Hétérotopies

Des espaces autres, Hétérotopies – Michel Foucault

Conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967

Il existe différentes manières d’envisager l’espace. A travers le temps on est passé d’un espace de localisation à un espace d’emplacement. Il existe une distinction entre l’espace de l’intérieur et celui du dehors… A partir de cette analyse de ce qui fait espace dans les différents temps, sociétés et cultures, Michel Foucault s’attèle à définir un nouveau type d’espace qu’il nomme « hétérotopie ». Il s’agit des lieux à l’intérieur d’une société qui obéissent à des règles qui sont autres. L’hétérotopie est une localisation physique de l’utopie, qui elle n’existe que par vue de l’esprit. A travers divers exemples concrets, Michel Foucault dégage alors six principes permettant une description systématique des hétérotopies. Un, les hétérotopies sont présentes dans toute culture sous des formes variées, selon qu’il s’agisse de sociétés primitives ou modernes. Deux, une même hétérotopie peut voir son fonctionnement se modifier dans le temps. Trois, l’hétérotopie peut juxtaposer en un seul lieu plusieurs espaces eux-mêmes incompatibles dans l’espace réel. Quatre, au sein d’une hétérotopie existe une hétérochronie, à savoir une rupture avec le temps réel. Autrement dit, l’hétérotopie atteint son plein potentiel lorsque les hommes qui la font naître rompent avec la chronologie traditionnelle. Cinq, l’hétérotopie peut s’ouvrir et se fermer, ce qui à la fois l’isole, la rend accessible et pénétrable. Six, les hétérotopies ont une fonction par rapport aux autres espaces des sociétés : elles sont soit des espaces d’illusion soit des espaces de perfection.

→ Texte disponible ici.

Des espaces autres, Hétérotopies

TAZ : zone autonome temporaire

TAZ : Zone Autonome Temporaire – Hakim Bey

1991

« (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des « Utopies pirates » du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, « apparaissant-disparaissant » pour mieux échapper aux Arpenteurs de l’Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l’espace, le temps ou l’imaginaire, et se dissout dès lors qu’il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces « concédés » à la liberté : elle prend d’assaut, et retourne à l’invisible. Elle est une « insurrection » hors le Temps et l’Histoire, une tactique de la disparition. Le terme s’est répandu dans les milieux internationaux de la « cyber-culture », au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.
La TAZ ne peut exister qu’en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles « apparaissent » ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée. »

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